mardi 5 février 2008

Ma petite critique cinéma... Sweeney Todd de Tim Burton.

Le critique ne sert généralement à rien d'autre qu'à insufler le bon-goût ambient à ceux qui n'en sont d'abord pas naturellement pourvus. Partant, le critique est souvent un artiste raté qui démolit ou encense une création sans lui-même s'être déjà donné la peine de créer. Ceci pour dire que je n'aime pas faire de "la" critique et que je ne trouve pas d'intérêt à cet exercice de rhéteur, en particulier lorsqu'il s'agit de cinéma. Mais une parfaite incohérence entre la théoria et ma praxis me pousse irresistiblement vers l'insensé et je vais m'en donner à coeur joie pour clamer ma déception face au dernier film de Tim Burton, le regrétable "Sweeney Todd".
Dès le générique, le bébé s'annonce mal. Ca sent le film de genre pas maîtrisé. On sombre tout de suite dans une esthétique trop burtonienne pour que l'impression de réchauffé ne cède si facilement la place à celle de déjà-vu. Vous me direz, c'est du Tim Burton, logique que ça ressemble à du Tim Burton... Je vous l'accorde, mais si cela doit ressembler à du Tim Burton, c'est à l'image d'un Tim Burton en panne, peu inspiré et malheureux dans ses décisions de réalisateur que nous renvoie ce film.
Le générique laisse perplexe mais l'indulgence est encore de mise malgré un filet de sang huileux et écarlate qui n'en fini pas de couler dans des images de synthèse qui ne sont pas sans rappeler -en version gore et moche et avec beaucoup moins de réussite- le très créatif générique de "Charlie et la chocolaterie". Le générique passé, un plan séquence nocturne nous montre un Londres pathétique et suintant enveloppé de brume et de brouillard (tiens, tiens, j'ai déjà vu ça quelque part...). Rien de très original, donc. On retrouve vaguement l'atmosphère de "Sleepy Hollow" mais, Tim Burton excellant dans l'art de balancer de la brume et de faire briller un pavé infesté de rat à tout bout de champ, on ne saurait lui reprocher de faire ce qu'il fait le mieux.Même on serait encore près à lui pardonner d'avoir tirer sur ses grosses ficelles.
Mais rien ne vient. Le film sonne creux et les seuls effets qu'il est susceptible de produire sont des relents nauséeux dans l'oseophage des plus fragiles (rappelons que le grand trip de Burton dans "Sweeney Todd" c'est la fabrication de tourtes farcies de chair humaine...). Et puis très vite, voilà que les acteurs se mettent à chanter. Un moyen peut être astucieux pour dissimuler la vacuité infinie des dialogues, encore eut-il fallu qu'un effort particulier soit fait sur la qualité des chants qui ont vite fait de devenir lassants et sans intérêt. Pour être précis, disons que les acteurs passent le plus clair de leur temps à pousser la rengaine pour nous narrer -jusqu'à la saturation- la tragique histoire du gentil barbier et de sa si belle femme enlevé par le méchant juge.
Après, rien ne va plus. L'histoire - déjà peu consistante - ne progresse pas (ou si peu), on s'en donne à coeur joie dans la tourte cannibale, le démoniaque barbier de Fleet Street égorge, égorge, égorge en gros plan ; et le sang ketchup de jaillir comme l'eau d'une fontaine florentine. La question que l'on se pose alors c'est de savoir si Burton a voulu faire un exercice de style à la Tarantino, auquel cas, c'est franchement raté. En définitive, le film ouvre plein de promesses qu'il ne tient pas et survole son sujet sans trouver d'assise nulle part (par exemple, la scène du concours entre barbier aurait pu donner quelque chose de plus pittoresque mais n'a pas été exploitée... -comme le reste ?).
Dommage pour les acteurs qui essaient tant bien que mal de s'en sortir même si la plupart n'a pas grand chose à défendre.
Enfin bref, grosse déception.

1 commentaire:

David a dit…

Excellent... Faut écrire dans la presse chère soeurette... Ca traduit bien le sentiment par rapport au film...

Quotidien ordinaire

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