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Céline Raux.


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samedi 1 mars 2008

Ma petite critique cinéma... "Paris" de Cédric Klapisch

Regarder "Paris" c'est s'asseoir à une terrasse de café et se laisser porter par le spectacle fascinant de tous ces autres qui nous entourent. De l'immigré sans-papiers fraîchement débarqué dans la capitale, à la boulangère un tantinet raciste, en passant par la mère célibataire jusqu'aux lève-tôt de Rungis, on n'oublie pas le sorbonnard nostalgique, déjà trop vieux pour enterrer si vite sa jeunesse, ni l'étudiante qu'il harcèle de SMS douteux. Romain Duris interprète un jeune homme, danseur de profession, persuadé qu'il va être laché par son coeur malade et qui passe ses journées à regarder la vie se dérouler et s'enrouler sous son balcon. Véritable ponctuation du film, Romain Duris contemple l'existence de ses pairs et de son point de vue sur Paris, établit le lien entre chacune de ces histoires personnelles. Un film mosaïque, un chassé croisé de destins qui parfois s'ignorent et se croisent sans soupçonner qu'un rien les sépare alors que tout un monde semble parfois les tenir à distance. Dans ce film, Paris ne remplit pas l'office de simple décor ou de fond de scène. Klapisch fait véritablement de Paris un personnage à part entière dont le coeur palpite de toutes ces vies et de toutes ces existences parfois fragiles ou compromises. On pourrait même dire que Paris est le "méta-personnage" de ce film, tant il prend la forme d'une entité autonome à même de tout transcender. Paris, pour Klapisch, c'est Paris la bienveillante qui parfois s'efface mais qui ne disparaît jamais du plan, c'est le Paris des râleurs, c'est le Paris d'une carte postale surannée qui suscite encore le rêve, c'est le Paris de la mode, le Paris prolo, le Paris bobo, le Paris comme on l'aime et celui tel qu'on ne l'aime pas, où "la confrontation permanente du moderne et de l'ancien rend possible une histoire, la constitution d'un récit." Le risque d'un tel film était bien entendu de tomber dans le cliché. Il n'en n'est rien. Tout sonne juste. Et le seul cliché apparent du film - un accordéoniste musette perché sur un toit - n'est que le cliché habilement inséré dans la mise en abîme d'un film dans le film (un accordéoniste costumé en titi est chargé de la bande son pittoresque d'un documentaire télévisé sur Paris). Un film plein de charme et de justesse, parfois amer, souvent tendre, toujours touchant et très réussi. A noter que les Gymnopédies de Satie soulèvent le spectateur loin de l'agitation et des bruits de la ville pour l'emmener en ballade, sur les pas de portes d'une ville que nous connaissons si peu pour l'habiter, comme une promenade du dimanche qui prendrait l'allure d'une marche initiatique pour citadins. A voir absolument !

1 commentaires:

pigiconi a dit…

... et malgré tout, je reste peu convaincu et par le propos et par le parti pris parisien......... mais j'aime beaucoup le propos de la critique